A la découverte de l'Ekiden, le marathon par équipes venu du Japon (Le Monde.fr sport)

Publié le par avchd-bruno

LEMONDE.FR | 04.11.11 | 15h35 • Mis à jour le 04.11.11 | 17h39

 

Des coureurs d'Ekiden.

Des coureurs d'Ekiden.Lionel Montico

 

Ekiden, quèsaco ?… Dans le petit monde de plus en plus prisé de la course pédestre, l'Ekiden est en train de se faire une place de choix. Le concept, basiquement un marathon en relais, réunit de plus en plus d'adhérents, notamment autour des aspects pratique collective et convivialité. Décryptage et découverte d'une discipline qui a le vent en poupe.

Ils étaient près de 6 000 à Bruxelles – record européen – le 15 octobre dernier. Et ils seront plus de 3 500 coureurs à fouler le Tartan de la capitale des Alpes dimanche lors de la troisième édition du Grenoble Ekiden, en faisant la deuxième plus grande manifestation de ce type du Vieux Continent en termes d'affluence. "Et encore, on a dû clore une semaine plus tôt les inscriptions, le quota maximum de participants que l'on s'était fixé étant atteint", explique Pierre Arnaud, président du club de l'Entente Athlétique Grenoble, coorganisateur de la manifestation avec Idée Alpe, une entreprise spécialisée dans l'événementiel sportif.

C'est au pays du Soleil-Levant qu'est né l'Ekiden. Ecrit en japonais, le mot est une combinaison de deux kanjis signifiant "étape" et "transmettre". Pour la petite histoire, ce concept désignait originellement le système postal archaïque du pays qui voyait des messagers se relayer pour acheminer le courrier. Au début du XXe siècle, l'Ekiden a basculé dans le sportif pour devenir une course de relais sur route. Son arrivée en Europe est beaucoup plus récente. Si l'épreuve est inscrite à quelques championnats durant les années 1990 (les premiers Championnats de France et du monde datent de 1998), ce n'est véritablement que depuis une petite dizaine d'années que la discipline commence à prendre son envol. Son introduction sur le Vieux Continent s'est accompagnée de quelques ajustements. Le relais Ekiden se dispute ainsi aujourd'hui quasi systématiquement sur la distance d'un marathon (42,195 km). Les équipes sont composées de six coureurs qui doivent parcourir des distances imposées dans un ordre bien précis (5 km, 10 km, 5 km, 10 km, 5 km et, pour finir, 7,195 km). Le témoin transmis entre les différents relayeurs garde sa spécificité "légère", mais au traditionnel "tasuki" (une écharpe en soie) se sont substitués un bracelet en éponge ou un chouchou, comme à Grenoble.

 

Comment expliquer le succès croissant d'une discipline qui aurait pu rester confidentielle, noyée au milieu du large panel d'épreuves regroupées sous l'appellation "course pédestre" ? Pour Pierre Arnaud, les raisons de la réussite rencontrée tiennent en un mot : "convivialité". Là où courir s'apparente à de rares exceptions près à un effort individuel – souvent couplé à la notion de performance, l'Ekiden met en avant les dimensions collective et joviale. L'Acerta Brussels Ekiden réunit ainsi surtout des coureurs du monde de l'entreprise belge.

 

UNE ÉPREUVE QUI PLAÎT AUX FEMMES

 

"Nous ne sommes pas du tout sur le même créneau que les autres courses sur route, décrypte le président de l'EAG. Déjà, on accueille des gens pour qui ce sera peut-être la seule course de l'année, qui veulent s'offrir un petit challenge, sans aller jusqu'à l'épuisement derrière pour autant. Ensuite, on touche également énormément de femmes. Elles représenteront ainsi 35 % du total des participants ce dimanche, contre 15 % en moyenne sur les autres courses sur route. On espère même à terme avoir 50 % de participation féminine." La liste des équipes engagées ce dimanche dans la capitale des Alpes (entreprises, gendarmerie, avocats, collectivités territoriales…) confirme ce côté joyeux de l'Ekiden qui peut également générer une microémulation entre des équipes d'une même entité, qui n'hésitent pas à gentiment se chambrer les semaines qui précèdent l'événement. "Sans oublier l'aspect solidaire, complète Pierre Arnaud. L'association Ninon soleil a ainsi engagé 27 équipes. Cela fait partie des valeurs que nous souhaitons véhiculer, avec l'écoresponsabilité. C'est aussi pour cela que nous avons bloqué les inscriptions alors que la demande existait. Grandir, oui, mais pas n'importe comment."

 

Et la compétition dans tout cela ? Car l'Ekiden reste une épreuve chronométrée, avec classement à l'arrivée et record(s) à battre. "Cela fait partie des problématiques d'évolution auxquelles nous réfléchissons. Le succès aidant, on attire forcément également des équipes qui viennent pour la gagne. Cela tire vers le haut la première partie du classement, mais on souhaite vraiment avant tout que la majorité vienne pour se faire plaisir. Notre club, par exemple, engage bien évidemment des équipes mais surtout dans l'esprit de lancer un défi amical pour la supériorité régionale, sans réelle volonté de réaliser un chrono derrière." Athlètes ou coureurs du dimanche, tous sont mus par les mêmes valeurs de solidarité et d'esprit d'équipe. Et c'est probablement ce qui explique que l'Ekiden se porte aussi bien dans l'Hexagone aujourd'hui – les Championnats de France sont également de plus en plus prisés – et qu'il n'a sans doute pas fini de prendre de l'ampleur au cours des prochaines années.

 

Frédéric Sougey

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pierrecourse 06/11/2011 21:09


bonsoir bruno bienvenue dans ma communautée pierrecourse
tes article me semble tres pertinent je reviendrai demain pour voir .
tres belle mise en page ce qui me manque a++
pierre