Le consternant plaidoyer de Guy Forget en faveur des exilés fiscaux du tennis (Rue89.com)

Publié le par avchd-bruno

Le consternant plaidoyer de Guy Forget en faveur des exilés fiscaux du tennis

Le consternant plaidoyer de Guy Forget en faveur des exilés fiscaux du tennis

delavergne | journaliste

 

L'équipe de France de Coupe Davis : Forget, Tsonga, Monfils, Llodra et Benneteau (de g. à dr.) (Andy Clark/Reuters)

Ce week-end, la France a éliminé le Canada au premier tour de la Coupe Davis. Hormis Michaël Llodra, rentré récemment en France, les joueurs et le capitaine Guy Forget sont tous exilés fiscaux en Suisse.

Forget les défend dans un entretien au Monde ce samedi, et sa citation est aussi longue que consternante :

« Les joueurs sont à l'étranger huit mois par an, ils gagnent donc l'essentiel de leurs revenus hors de France, et il faut savoir que quand ils gagnent un million d'euros en France, ils en laissent 500 000 aux impôts.

On veut leur faire un procès parce qu'ils n'ont envie de payer que 30 % d'impôts aux Etats-Unis ou en Suisse […] et ce alors qu'ils sont tout le temps à l'étranger. »

Et pourquoi jouer pour son pays ?

Cet ex-tennisman, qui a gagné une somme considérable d'argent à la force du poignet pendant sa carrière, incarne parfaitement l'idée de nation vue par l'ultralibéralisme qui gangrène le sportif de haut-niveau.

Si on pousse le raisonnement de Forget, pourquoi un joueur qui passe le plus gros de son temps hors de l'Hexagone devrait-il jouer pour son pays ? C'est vrai, ça rapporte quoi de jouer la Coupe Davis alors qu'on peut prendre un gros chèque dans un tournoi qatarien ou canadien ?

Concernant les 50% d'impôts prélevés sur les grosses fortunes, Guy Forget connaît-il l'idée de solidarité ? Se dire qu'une partie de ses impôts peut financer des salles de sports, des universités, des pompiers, des hôpitaux…

Comment on finance l'Insep et la Fédération ?

Vous voulez ne payer que 30% d'impôts ? Très bien, mais alors financez avec les 20% gagnés (spoliés ? ) les voyages et les soins de vos poulains nourris à l'individualisme et « à l'étranger huit mois par an » !

D'ailleurs, cher capitaine, savez-vous comment on finance la formation des talents à l'Insep (Tsonga y est passé) ou la Fédération française de tennis ? Par l'impôt.

Quant aux bénévoles des clubs français qui ne comptent pas leur temps et les frais de déplacement pour voir des gamins, pas forcément issus de milieux favorisés, s'épanouir en tapant dans la petit balle jaune, ça vous inspire quoi ?

Trois emplois en France

Dernier conseil à cet homme près de ses sous : pour moins payer d'impôts, pas besoin de se payer un conseiller fiscal, il suffit juste de ne pas multiplier les emplois.

Personne n'a prévenu monsieur Forget que le « Travailler plus pour gagner plus » était une vaste blague. Dommage, parce qu'en 2011, l'intéressé a rejoint le comité de pilotage de Roland-Garros et été nommé directeur de celui de Paris-Bercy. En sus du capitanat de l'équipe de France.

Si j'ai bien saisi, monsieur Forget, vous prenez en France uniquement ce qui vous arrange.

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